mardi 12 avril 2016

Bien installer son rucher

Le choix de l'implantation du rucher est important. Parfois, l'emplacement des ruches est décidé trop rapidement et déplacer les ruches par la suite s'avère très souvent difficile. Lisez l'article de préférence avant d'installer votre rucher car c'est pour longtemps.

                                                                                        Article mis à jour le 31 mai 2019       
  • L’orientation

L’orientation du rucher joue un rôle essentiel. Généralement, on privilégie les orientations est et sud-est qui permettent aux ruches de bénéficier du soleil tôt le matin.  Cette orientation est favorable car elle provoque une activité rapide de la colonie quand les conditions de miellée sont présentes. Elle constitue un facteur positif pour la productivité et le bon développement de la colonie.
Pour que cette orientation soit bénéfique, il est évidemment recommandé de s’assurer que le rucher ne soit pas à l’ombre au lever du soleil.
Il faut aussi veiller que l’entrée des ruches ne soit pas exposée au vent dominant et si c’est le cas, prévoir une protection pour remédier à cet inconvénient par la plantation d’une haie ou la pose d’un coupe-vent.

  • Le support des ruches

ruches dans la natureCet élément mérite une attention particulière. En effet, un support parfaitement horizontal et donnant une bonne stabilité aux ruches est recommandé.
La hauteur du support doit être déterminée en fonction de la hauteur de ruche mais aussi de la taille de l’apiculteur. L’objectif est de travailler de façon confortable dans la ruche. Un support trop bas obligera l’apiculteur à se casser en deux ce qui à la longue est fatiguant. Au contraire un support trop haut rendra difficile la pose des hausses particulièrement la deuxième voire la troisième. C’est pourquoi ce point doit être examiné avec précision avant de fabriquer le support. Une bonne technique est de poser une ruche sur un support dont on peut modifier aisément la hauteur. Essayez, par exemple, avec un empilage de palettes. Une fois la bonne hauteur déterminée, il ne reste plus qu'à la mesurer et de créer le support à la bonne mesure.
La nature du matériau utilisé pour le support est au choix de l'apiculteur : depuis le simple parpaing déposé sur le sol, en passant par la construction en bois ou en brique, les solutions sont nombreuses. L’objectif est d’avoir une bonne horizontalité, une grande stabilité et un support qui amortit les vibrations : en particulier un choc dans une ruche qui est toujours à éviter, ne doit pas se propager aux ruches voisines.
Petite remarque sur l’horizontalité qui est souhaitable pour avoir de belles constructions des cires. Si les ruches ne sont pas bien horizontales, les constructions des cadres ne seront pas parfaites.  

Il faut aussi dire un mot du type de support: l'idéal est le support individuel par ruche. Qu'il soit en parpaing, en bois ou en métal importe peu. Son avantage est de ne pas transmettre les vibrations aux colonies voisines. On le privilégiera aux supports pour plusieurs ruches. Si vous adoptez malgré tout un support pour plusieurs ruches, vous devrez éviter les chocs sur les colonies

En hiver, quand les conditions sont très humides, il peut être utile de glisser deux fines cales de 5 à 6 mm d’épaisseur à l’arrière de la ruche pour provoquer l’écoulement vers l’avant de l’eau de condensation qui coule le long des parois de la ruche.

  • L’environnement

Dans le choix de l’emplacement du rucher, l’environnement est un facteur essentiel à étudier.



Tout d’abord, il est assez évident de privilégier un environnement sain. Évitons les bords de route, la proximité d’industries polluantes ou de décharges. Il s’agit d’une question de bon sens. Une abeille peut rayonner jusqu’à 5 km de son rucher mais privilégie généralement la proximité pour butiner. Avant de commencer à installer le rucher, il est nécessaire de circuler aux alentours de préférence à pied ou en vélo pour repérer toute nuisance de nature à contaminer l’environnement. Un des objectifs de l’apiculture est de produire du miel pour la consommation. Autant s’assurer que le nectar et le pollen récolté soit propre, tant pour la bonne santé de nos avettes que pour la nôtre.
fleur d'érableA l’occasion de ce tour pour déterminer l’absence de source polluante, un examen des ressources botaniques permet de quantifier la qualité de l’environnement en termes de récolte au cours de l’année. Cet examen a priori est sans doute plus difficile à réaliser en dehors des périodes de floraison. Une identification même sommaire des espèces présentes et de leur quantité donnera une idée du potentiel de l’environnement. L’idéal serait de cartographier les espèces présentes, leur importance, la période de floraison et leur qualité en termes de nectar et de pollen. Un tableau avec de colonnes par mois permet aussi de se rendre compte aussi de la continuité des floraisons.
D’une manière générale dans nos environnements de moins en moins "sauvages", on considère que 8 ruches représentent un  maximum par rucher. Attention à bien identifier des ruchers proches pour les inclure dans ce décompte.

Les fonds de vallée qui sont humides et froids sont à éviter.

  • Rucher ouvert ou rucher couvert

Un rucher ouvert est un rucher sans protection en dur. Des ruches posées sur un support, éventuellement couvertes par une plaque en triplex marin est simple à installer. L’avantage est la simplicité et l’économie d’installation. Les inconvénients sont d’être exposés aux intempéries et de subir la chaleur aux heures chaudes en été. La durée de vie des ruches sera sans doute réduite.
Un rucher couvert sera surmonté d’un toit. Outre le coût d’installation, la lumière sera moins abondante dans un tel rucher, ce qui peut être un handicap pour trouver une reine ou voir les œufs surtout si votre vue n’est pas parfaite. Par contre, un tel rucher est protégé des intempéries, du soleil en plein été et permettra un accès aux ruches en cas de pluie légère.
La décision quant au type de rucher est une question d’appréciation qui dépend des possibilités et des objectifs poursuivis.

  • Le positionnement des ruches et la dérive

Cette question est loin d’être négligeable. La tendance naturelle est d’installer les ruches les unes à côté des autres en ligne. C’est le rucher classique que l’on rencontre généralement. Il répond au besoin d’orientation vu un peu avant, toutes les abeilles partent dans le même sens et  l’accès aux ruches par l’arrière  se fait en toute sécurité.
Il présente cependant un inconvénient : il favorise la dérive des abeilles. Quand une abeille rentre à la ruche, chargée de nectar ou de pollen et qu’elle est fatiguée, elle aura tendance à rentrer dans les ruches disposées aux extrémités qui sont les plus accessibles. Il en résultera que les colonies des extrémités sont renforcées au détriment des ruches du centre. C’est ce qui s'appelle la dérive. Ce phénomène sera accentué en cas de vent fort car l’abeille fort légère (un dixième de gramme) aura plus de mal à choisir sa ruche.
On peut pallier cet inconvénient en peignant les devants des ruches avec des couleurs vives ou des formes colorées différentes pour aider les abeilles à reconnaître la ruche dont elles viennent. Une technique alternative est de positionner les ruches non pas en ligne mais de façon plus anarchique sans ordre et avec des intervalles différents.

Pensez aussi à munir vos ruches d'une planche de vol suffisamment large. C'est leur piste d'atterrissage et de décollage. Une bonne planche d'envol fait toute la longueur de la ruche sur environ dix centimètres de large et est légèrement inclinée vers l'avant pour évacuer la pluie.


  • Votre rucher n'est pas chez vous:

Il arrive que l'on n'ait pas la place d'installer son rucher chez soi. Dans ce cas, il ne reste que la possibilité de trouver un emplacement. En plus des caractéristiques indiquées auparavant, il est bon de veiller à l'accès facile en voiture pour éviter le transport de lourdes charges entre le rucher et le parking. Pensez aux hausses, au sirop de nourrissement, ...

Je vous recommande l'article sur les ruchers hébergés.

L'aspect surveillance est également à examiner pour éviter les dégradations ou dérangements aux ruches. Une protection telle qu'une bonne clôture et une porte cadenassée est conseillée.

  • Réglementation

Avant d’installer le rucher, il est sage de se renseigner sur la législation. Celle-ci prévoit généralement des conditions d’autorisation préalable ainsi que des distances à respecter par rapport aux habitations et aux chemins publics. Dans certains lotissements avec des terrains exigus, l’installation de ruches est parfois purement interdite. Les législations étant différentes selon les pays et les régions, je ne m’étendrai pas sur ce sujet. Dans ce domaine aussi, votre organisation apicole est en mesure de vous aider pour répondre aux contraintes de votre région. Vous trouverez un article qui résument les principales obligations légales en matière d'installation d'un rucher.


Un peu de bon sens évitera d’installer ses ruches orientées vers l’entrée, la terrasse ou la piscine de son voisin.

Mieux vaut prévenir que guérir.

Abeille butinant du skimmiaSi vous désirez éviter les erreurs des débutants, je vous recommande aussi le livre Bien débuter en Apiculture disponible en version électronique et en version papier. Vous aurez ainsi tous les conseils pour bien commencer en permanence sous la main.

Autres articles:

1. La visite de printemps

Si cet article vous a plu ou si vous désirez poser une question, l'espace commentaire est à votre disposition.

4 commentaires:

  1. Merci pour votre blog. Je vais commencer l'apiculture au printemps 2017. Alors vos conseils sont très précieux!

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    1. Bonjour Valentine,
      Cest une excellente idée de commencer l'apiculture qui apporte de grandes joies et aussi des échanges. Je vous conseille aussi la lecture de Bien débuter en apiculture Bien débuter en apiculture
      http://unrucheraujardin.blogspot.com/2016/04/debuter-en-apiculture-sa-premiere.html
      ... et aussi tous les autres articles du blog.

      Avec tous mes voeux de réussite.

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  2. Bonjour valentine,je suis api amateur il faut faire attention au stage dune journée ou il n’y a même pas ouverture de ruche et qui donne un certificat d’apiculture. il y a un outil c’est you tube bonne api ats jacques

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    1. Je suis entièrement de l'avis de Jacques. La pratique est indispensable. Je ne conçois pas un cours d'apiculture sans ouverture fréquente de ruches. Poser la question avant l'inscription pour ne pas devenir des théoriciens de l'apiculture.
      Le compagnonnage est aussi une alternative interessante. Lisez aussi http://unrucheraujardin.blogspot.be/2016/08/comment-diviser-une-colonie-dabeilles_63.html

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