vendredi 15 juin 2018

Le blocage de ponte en pratique pour lutter contre le varroa

La lutte contre le varroa est devenu un enjeu majeur de l'apiculture. La présence de varroas, sa rapidité de reproduction et sa résistance aux produits impose de lutter de plus en plus tôt contre la varroa. Le blocage de ponte, appelé aussi rupture de ponte peut nous aider dans ce sens. Voici comment le mettre en oeuvre dans la pratique.

Dans cet article, je vais expliquer comment mettre en oeuvre le blocage de ponte mais aussi donner le résultat de cette expérience en réel sur mon rucher. Je publie donc cet article et procéderai à des mises à jours au fur et à mesure de l'avancement de l'expérience.

1. Approche théorique:

Le varroa est devenu résistant à beaucoup de produits sensés le combattre. Seul l'acide oxalique est encore efficace mais seulement si son application a lieu en l'absence de couvain operculé. Avec les changements climatiques et des arrières saisons chaudes, il n'est pas rare d'avoir encore en octobre, voire en novembre des cadres de couvain.

Pour ces raisons, est apparue l'idée de bloquer la ponte de la reine pour se retrouver tôt dans la saison sans couvain operculé et pouvoir ainsi traiter la colonie à l'acide oxalique dès le retrait des hausses.

Pour être efficace, la rupture de ponte doit être appliquée au même moment et sur l'ensemble des colonies du rucher.

2. Quand provoquer la rupture de ponte de la reine?


Comme l'idée est de traiter la colonie dès le retrait des hausses, il faut partir de la date de la fin de la miellée pour avoir une colonie sans couvain operculé à cette époque.

Dans ma région, la fin de la miellée est vers la mi-juillet. La durée pour l'éclosion d'un mâle est de 21 jours; si on ajoute deux jours de sécurité, il faut commencer le blocage de ponte 23 jours avant la date de fin de miellée. Le 15 juillet moins 23 jours cela donne le 20 juin pour commencer les opérations visant à arrêter la ponte de la reine.

3. Comment bloquer la ponte de la reine?

Pour obtenir un blocage de ponte, il y a deux solutions:

  • enfermer la reine dans une cagette spéciale
  • mettre la reine dans une hausse sous le corps

En cagette

Ce sont des cagettes spéciales à cet effet. Elles permettent le passage des abeilles pour nourrir la reine. Le fond de la cagette est muni de petites alvéoles pour laisser la reine pondre. Comme les alvéoles sont trop courtes, les abeilles enlèvent les oeufs. Voici une photo d'une cagette de blocage en position  ouverte. Ces cagettes sont souvent appelées cagette scalvini.


Dans une hausse

On place la hausse sous le corps avec une grille à reine entre la hausse et le corps.La reine est mise dans la hausse et peut continuer à pondre. Quand toutes les cellules du corps sont nées, on récupère la reine que l'on replace dans le corps et l'on retire la hausse que l'on éloigne dans un autre rucher pour éviter la ré-infestation par le varroa. On peut à ce moment traiter le corps de ruche à l'acide oxalique.

3. Avantages et inconvénients de la méthode

Avantages

  • Traitement sans couvain operculé avec un produit efficace
  • Traitement tôt dans la saison
  • Le maintien de la reine en cagette ne freine pas la récolte de miel durant la mise en cagette
  • Permet à la reine de re-pondre rapidement après le traitement

Inconvénients

  • Nécessite de trouver la reine d'où avantage d'avoir des reines marquées
  • Plusieurs manipulations qui nécessitent une certaine dextérité

Suite des opérations

Je commence très prochainement le blocage de ponte. Je vous tiendrai au courant des opérations et des résultats dans un prochain article.

Et vous comment faites-vous pour réduire les varroas?

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2 commentaires:

  1. Personnellement, je traite à l'amitraze. Ca reste le plus efficace. Bien sûr, j'ai des remords à utiliser de tels produits chimiques, comme tout le monde.

    Tous les apis avec qui j'ai parlé et qui avaient perdu 50 à 100% de leurs colonies cet hiver traitaient avec des produits "alternatifs", comme le thymol ou l'ail (??)... voire ne traitaient pas du tout.

    Pour l'acide oxalique ou même formique, je ne me sui spas fait de religion. Je trouve leur utilisation contraignante, si ce n'est dangereuse. Un api de mon GDSA a fini sous dialyse après une mauvais manipulation d'acide formique.

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  2. Bonjour,
    Personnellement, je n'utilise plus l'ami trace, molécule de l'apistan car les varroas ont développés une résistance au produit.

    Selon mes sources, les seuls produits encore efficaces sont les acides oxaliques et formiques. Effectivement, l'acide formique est dangereux pour l'homme et nécessité des précautions d'emploi. Quant à l'acide oxalique, il n'est efficace qu'en l'absence de couvain operculé.

    C'est la raison de la rupture de ponte que j'explique dans l'article qui permet aussi de traiter plus tôt dans la saison.

    C'est une question de choix. A chacun de bien se renseigner et de retenir le traitement qui lui est plus approprié.

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